CHAMPIONNAT DU MONDE DE TRIATHLON D’HIVER
12 Septembre 2025
Se confronter à une autre dimension du cyclisme
Le gravel est une discipline à part dans l’univers du cyclisme. À mi-chemin entre route,
endurance et aventure, les courses mêlent :
- chemins roulants ;
- secteurs techniques ;
- portions rapides ;
- gestion d’effort longue distance ;
- et intensité permanente au cœur du peloton.
Sur les championnats du monde, les meilleurs spécialistes de route, de cyclo-cross, de VTT et d’endurance se retrouvent sur un même format extrêmement exigeant. Pour nous, cette course arrivait seulement deux semaines après les Championnats du monde XTERRA.
Notre saison de triathlon touchait à sa fin, mais nous avions obtenu plus tôt dans l’année notre qualification sur l’UCI Gravel Race de Monaco. Une opportunité unique de prolonger la dynamique et surtout d’aller se confronter à un tout autre niveau de densité.
« Rien de mieux pour apprendre que de se battre contre les plus forts. »
Une course d'usure au milieu des spécialistes
À Maastricht, le niveau est impressionnant.
Des pelotons immenses, des relances permanentes, des trajectoires millimétrées et une vitesse moyenne bien différente de ce que nous connaissons habituellement en triathlon. Ici, chaque erreur se paie immédiatement.
Dès les premiers kilomètres, Marin rencontre des problèmes mécaniques. À plusieurs reprises, il doit s’arrêter pour regonfler et repartir seul à pleine vitesse afin de revenir
dans les groupes. « À chaque fois il fallait refaire l’effort pour rentrer… »
Tour après tour, il parvient pourtant à recoller grâce à de gros relais et une énorme débauche d’énergie. Mais ce type de course ne pardonne rien. Les accélérations répétées finissent par peser lourd sur la deuxième moitié de course.
« La course allait de plus en plus vite à mesure que la fatigue s’installait. » Une journée frustrante mécaniquement, mais extrêmement formatrice dans un environnement
où le moindre détail devient déterminant.
"Je n'ai jamais autant souffert sur un vélo"
Le lendemain, Emma s’élance à son tour sur une course longue de 125 kilomètres. Dès le départ, le rythme est énorme. Les Néerlandaises, très nombreuses et parfaitement organisées sur leurs terres, imposent une course ultra nerveuse où chaque secteur se dispute à pleine vitesse.
Malgré cela, Emma reste accrochée au peloton principal pendant plus de 115 kilomètres. « Je me suis accrochée jusqu’à l’explosion totale. » Pendant une grande partie de la course, elle joue le top 10 mondial au contact direct des meilleures spécialistes de la discipline.
Mais les derniers kilomètres deviennent un véritable combat contre elle-même. Les ravitaillements ratés, le manque d’apport énergétique et l’accumulation de fatigue
commencent à tout faire basculer. « À un moment, je n’avais tout simplement pas l’habitude de rivaliser sur des distances aussi longues. »
Les dix derniers kilomètres se transforment en effort de survie. « Je crois que je n’ai jamais autant souffert sur mon vélo. » Mais malgré la douleur et l’explosion physique progressive, l’objectif reste le même : aller au bout.
Apprendre au contact des meilleurs
Au-delà du résultat brut, ce championnat du monde gravel représentait surtout une immersion totale dans l’univers du cyclisme international.
- apprendre à rouler dans des pelotons de spécialistes ;
- gérer les longues distances ;
- comprendre les exigences nutritionnelles ;
- encaisser les changements de rythme ;
- et sortir de notre zone de confort.
Une expérience brutale, exigeante… mais probablement l’une des plus enrichissantes de notre saison.
Une nouvelle expérience pour Team Zoom
Ce championnat du monde a confirmé une chose : aller découvrir de nouvelles disciplines et se confronter aux meilleurs reste l’un des moyens les plus puissants pour continuer à progresser.
Même loin de notre terrain habituel, l’objectif restait le même : apprendre, s’adapter et
repousser nos limites.